Accident de chasse à la Banque Populaire

Accident de chasse à la Banque Populaire

M’installant en Mayenne et désireux de me consacrer à l’écriture, j’étais soucieux de m’épargner au maximum déplacements et démarches. Je choisis donc la banque la plus proche (à une quinzaine de kilomètres), et y rapatriais mes comptes (ma retraite, mes droits d’auteur, quelques économies pour parer l’imprévu (on peut y acquérir jusqu’à 10 000 € de « parts sociales »).

J’étais intrigué par le nombre d’erreurs, mais j’avais autre chose à penser : j’imaginais un système de contrôle, au moins a posteriori. Soudain, durant un mois, je n’ai pu avoir aucun contact avec mon compte. Mieux, les employés de l’agence ne répondaient pas aux e-mails parfaitement traçables qu’on leur envoyait et ne respectaient pas les rendez-vous téléphoniques qu’ils avaient eux-mêmes fixés par répondeur. Plus grave encore, ils demandaient votre code confidentiel à chaque difficulté (de telle sorte que n’importe lequel d’entre eux avait libre accès à vos comptes – en toute confidentialité, cela va de soi). Ces dysfonctionnements ne tenaient jamais à l’incompétence du personnel, mais aux défectuosités du navigateur (Firefox pour ce qui me concerne), de l’ordinateur (le mien est neuf et super rapide grâce à des disques SSII), à mon incapacité à afficher correctement en raison de la petite taille de mon écran (le mien fait 22 pouces), peut-être (ils ne l’ont pas affirmé carrément) à ma sénilité (j’ai 66 ans)…

Passons sur les détails. Malgré toute l’énergie et le temps passés pour essayer de rectifier la chose (incluant une lettre au directeur général, localisé à Rennes), j’ai fini par recevoir une menace d’interdit bancaire imminent. En plus de virements (dans les limites autorisées), je me suis précipité à l’agence pour déposer des chèques d’un compte ami destinés à couvrir ce découvert, lesquels, quoique dûment approvisionnés, ont été rejetés sans un mot d’explication… Cerise sur le gâteau : j’ai reçu le décompte des frais de gestion de mon compte…

Mes lecteurs fidèles ne manqueront pas de s’étonner qu’un fervent de l’impersonnalité les prenne à témoins d’un souci personnel relevant apparemment de l’incompétence qui prévaut aujourd’hui. C’est qu’il me semble distinguer dans cette histoire deux caractéristiques qui dépassent l’échelle de mon petit moi:

  • Le pouvoir conféré à des blaireaux d’appuyer sur le bouton de l’arme fatale : à l’échelle individuelle, l’interdit bancaire représente, et pour CINQ ans, une quasi mort sociale. On risque moins à oublier de payer ses impôts.
  • Le recrutement dans les banques de quasi analphabètes juste pour tenir la promesse de Chevènement, renouvelée par Jospin (deux figures montantes du Parti Socialiste, lui-même plein de promesses – pensez à Hidalgo…), d’amener au baccalauréat 80% d’une classe d’âge.

Il suffit de discuter avec un prof de Lycée pour voir à l’œuvre, dans les classes dite STG (« sciences et technologies de LA gestion » – s’il vous plaît), les heureux élus de cet enseignement pour remplir les quotas des promesses irresponsables. Sommée de m’expliquer comment on en était arrivé là, la directrice de mon agence n’a su mieux faire que clamer en boucle « je vais vous expliquer », sans comprendre, par exemple, qu’un ami couvrant mon découvert n’avait nul besoin d’une « procuration » pour envoyer un chèque ou un virement sur mon compte… Virement ou procuration : au diable l’avarice – et l’abus de faiblesse. On a les instructeurs qu’on peut…

Les chasseurs aujourd’hui ont l’arme fatale : c’est le fusil avec lunette infra-rouge qui permet de toucher un sanglier (ou n’importe quel gros machin) presque à coup sûr, même à distance. À la Banque Populaire, on a ça comme cadeaux d’entreprise pour les clients aveugles ET frappés d’ataxie.

Si vous entendez parler d’un accident de chasse en Mayenne et que ça vous inquiète, commencez à vérifier que je suis sain et sauf…