Site Web du Dr Marc GIRARD

L’hypocrisie des médecins confrontés aux obligations vaccinales

vendredi 21 décembre 2018 par Marc Girard

Depuis sa mise en ligne le 05/12/18, ce texte - que je tiens pour important dans ma critique de la médicalisation - a fait l’objet de divers approfondissements, notamment sous forme de notes. C’est pourquoi je crois utile de le communiquer une nouvelle fois aux visiteurs de ce site.

Un post-scriptum sur les risques encourus par les médecins qui refuseraient de vacciner a été ajouté en date du 21/12/18.

RÉSUMÉ – On s’interroge sur la bizarre obstination des médecins qui se présentent comme raisonnablement critiques à l’endroit des vaccinations à ne pas aborder de front la question des obligations et à noyer le poisson de leur élargissement récent dans des considérations vagues centrées sur « la bonne information » (dont ils se portent tout naturellement garants), alors qu’il suffit de vaquer sur le présent site pour constater qu’en pareille matière, ils n’en savent guère plus que le blaireau de base. Il n’est pas difficile de montrer que, pour parfaitement injustifiée qu’elle soit, cette arrogance renvoie à une très inquiétante collusion des professionnels de santé avec les détenteurs du pouvoir politique et financier, laquelle rend compte, en dernière analyse, de leur docilité et de leur veulerie à l’endroit des forces de l’argent qui leur garantissent une subsistance excessivement confortable.

Table des matières

  1. Introduction
  2. L’éléphant dans la pièce
    • « L’autonomie » en sous-traitance
    • Juste une question d’information ?
  3. Un éléphant en forme de bête immonde
  4. Conclusion : merci Patrons !
  5. PS - Les "menaces" de la CPAM

Introduction

En date du 06/11/18, l’excellent docteurdu16 a publié un post intitulé « Scènes de la vie vaccinale en France », surtout centré sur une critique de la rhétorique « vaccinolâtre », c’est-à-dire du laxisme intellectuel et moral qui conduit la plupart des médecins français à promouvoir à peu près n’importe quel vaccin avec une ardeur d’autant plus obstinée que les preuves de son intérêt font défaut. En moins d’un mois à l’heure où j’écris, cette contribution a suscité un vif débat correspondant à une vingtaine de pages A4. Bien qu’assez significativement cité, je n’ai pas participé à ce forum en temps réel par manque de disponibilité ; mais il n’est jamais trop tard pour bien faire.

L’éléphant dans la pièce

D’autant moins tard que le vertige prend au discours des professionnels de santé qui ont pris part au débat, plus que jamais arrogants (« je vais vous expliquer et vous allez peut-être comprendre » [c’est moi qui souligne]) quoique dramatiquement incapables de prendre la mesure du problème actuel le plus aigu et qui saute pourtant aux yeux du premier blaireau : un brutal élargissement des obligations vaccinales, dont tout porte à croire qu’il va encore s’aggraver.

Cette réticence obstinée à ne pas voir l’essentiel se retrouve, sur d’autres sites, sous la plume d’autres professionnels de santé qui, eux aussi, aiment à se présenter en intransigeants critiques du système – de ce système qui peine de plus en plus à dissimuler sa face immonde [1], [2].

Sachants contre blaireaux

« L’autonomie » en sous-traitance

Dans le forum dont on parle ici, les médecins qui s’appliquent à esquiver la vraie question posée par l’élargissement des obligations vaccinales n’ont pas péché par pingrerie pour séduire le blaireau de base en faisant mine de dénoncer les tares forcément innombrables des fabricants dont ils prescrivent pourtant chaque jour les spécialités vaccinales. Ainsi posé que les industriels et leurs suppôts sont évidemment des ordures, le principal problème se limiterait néanmoins à « un manque d’informations », à des « non-dits » (d’autres, sur d’autres sites, incriminent une « mauvaise communication », mais sans jamais préciser de qui envers qui), lesquels mettraient le vulgum pecus à risque « d’effondrement » mental s’il se voyait sommé de renoncer à son « système de croyances » pour s’en remettre aux détenteurs du seul et vrai savoir. Bref et pour résumer, aux yeux de ceux qui condescendent à proférer la Vérité alors qu’ils « ont du travail » (et qu’ils sont évidemment les seuls à en avoir [3]), le principal problème du moment serait l’incapacité des blaireaux à atteindre « l’autonomie » qui coulerait pourtant de source si « pour se faire leur propre opinion », ils voulaient bien déléguer leur capacité de réflexion à ceux qui savent. Sous la plume de confrères jamais en manque de références scientifiques, épistémologiques ou anthropologiques pour rétrograder toute contradiction à des « débats stériles », à des « biais cognitifs » évocateurs de « méthodes marketing », l’incohérence conditionnant « l’autonomie » à la sous-traitance me paraît surtout évocatrice de « l’effondrement » mental où sont acculés ceux qui ne veulent surtout affronter ni les inconséquences pourtant patentes de leur activité professionnelle, ni assumer un fonctionnement mental que n’aurait pas désavoué Diafoirus (« ferme dans la dispute, fort comme un Turc sur ses principes, ne démord[ant] jamais dans son opinion » [II, 5]).

Juste une question d’information ?

Admettons, pour commencer, que LE problème posé par l’élargissement des obligations vaccinales soit juste une erreur de communication imputable à une regrettable maladresse de ceux qui savent. Admettons qu’abstraction faite de ces maladresses dans la communication, les risques des vaccins en général et de certains en particulier soient juste un artefact. Cela signifierait que les centaines de victimes auxquelles j’ai sacrifié ma carrière sont juste une vue de l’esprit, et qu’il avait bien raison, l’ancien premier Président de la Cour d’appel de Versailles, d’écrire, quelques semaines avant de prendre la présidence de la Cour de cassation, que « le Docteur Girard n’a plus l’impartialité, la distance et la sérénité nécessaires pour mener à bien les missions d’expertise qui lui sont confiées » (08/11/2006). Après tout, qui parmi les sachants acharnés (malgré leur charge de travail…) à sortir les blaireaux de leur « système de croyances », qui a jamais bougé le petit doigt pour s’émouvoir d’une censure aussi caractérisée et potentiellement aussi préjudiciable « à l’intérêt général » ?

Cela signifierait, également, que – situation unique dans le monde technico-scientifique – les vaccinations, sous réserve qu’elles soient bien expliquées par ceux qui savent [4], pourraient faire l’objet d’un parfait consensus. Du même coup, cela signifierait que, visant déjà à optimiser l’information sur le sujet, la mission Hurel, puis la commission Fisher auraient été des échecs – voire des mascarades. Qui l’avait dit, en temps réel s’entend ? [5], [6].

Cela signifierait que par je ne sais quel miracle, il serait possible d’avoir un monopole de la Vérité dans ce monde de « données molles » qu’est celui de la recherche clinique ; qu’on s’assied sur l’impératif fondamental d’inventorier, pour les hiérarchiser, les données contradictoires ou difficilement compatibles entre elles. Cela confirmerait que les médecins français, dans leur majorité et malgré leurs superbes branleries sur les « niveaux de preuve », peinent décidément à s’approprier l’esprit et les méthodes de l’evidence-based medicine ; que, comme je ne cesse de le clamer, ils n’ont pas fondamentalement changé depuis Diafoirus ; et qu’avec le concours empressé de la Cour de cassation, la maffia pharmaceutique a encore de très beaux jours devant elle.

Cela signifierait – c’est d’actualité avec les appels à l’état d’urgence – que parmi les pseudo-contestataires du système, il en est qui se voient tout naturellement missionnés par le Prince ou ses valets pour fixer l’information idéale destinée à stériliser définitivement toute polémique : on croit savoir que l’omnipotent omniscient qui nous sert de président se tient prêt, avec l’aide de sa brillantissime ministre de la santé (qui ne craint pas de recommander officiellement des sites de merde comme Infovac) à organiser ce consensus merveilleux, via l’exclusion (et, éventuellement, la sanction) des dissidents au prétexte des fake news

Cela confirmerait que « Le ventre est encore fécond, d’où a surgi la bête immonde… ».

Un éléphant en forme de bête immonde

La brutalité bornée de Buzyn, de son patron et de leurs maîtres a au moins un avantage : elle dispense la critique de toute exigence de discrimination nuancée [7]. Car de deux choses l’une :

  • Ou bien les onze vaccinations obligatoires sont toutes parfaitement anodines, voire franchement bénéfiques pour tous, et il n’y a aucun problème [8] pour les administrer à tour de bras : mais pour s’en tenir à la seule vaccination contre l’hépatite B, que j’ai la prétention facilement justifiable de très bien connaître, il est patent que les conditions de l’innocuité (et de la rentabilité - en termes de santé publique, s’entend...) sont loin d’être remplies.
  • Ou bien parmi ces onze vaccinations désormais obligatoires, il en est au moins une qui, peut-être même dans une sous-population minoritaire, pose des problèmes de tolérance, et nous en arrivons à la question que ne veulent surtout pas affronter les confrères que je tançais en début de cet article : est-il simplement concevable que nous médecins, contraints par le serment multimillénaire que nous avons tous fait, nous consentions à délibérément nuire à nos patients au seul motif qu’ordre nous en a été donné – par une instance politique (et non médicale) de surcroît ? J’ai introduit mon propos par le « vertige » qui me prend à cette idée : j’aurais pu tout aussi bien écrire « le dégoût », ou « l’horreur »…

La colère aussi, car nous voilà revenus, en bien plus grave encore, à la situation que j’avais déjà dénoncée avec un consternant insuccès lors de la réquisition des médecins pour la vaccination contre le H1N1 : si, ayant le monopole de la violence supposée légitime, l’autorité politique peut imposer aux citoyens de s’exposer à tel ou tel médicament, je ne vois vraiment pas sur la base de quels textes quelque autorité pourrait imposer aux médecins quelque prescription, encore moins quelque administration que ce soit : on peut, comme on l’a fait en 2008, retenir de force des médecins dans un gymnase, je ne vois vraiment pas par quel type de menace ou de violence on pourrait, surtout dans le cadre du colloque singulier [9], imposer quelque geste que ce soit à quelque médecin que ce soit.

Sauf, bien sûr, à moins d’assujettir la médecine à l’autorité politique : mais, comme je le rappelais plus haut, on imagine sans peine – parce qu’on a déjà vu ça – à quels abominables crimes on pourrait aboutir, et on imagine du même coup (sur la base de précédents aussi inoubliables que glorieux), la résistance forcément acharnée que notre Ordre ne manquerait d’opposer à un aussi inconcevable totalitarisme. Demandez aux médecins juifs dont l’autorité politique a prétendu imposer l’exclusion durant l’Occupation : qui croit sérieusement que nos responsables ordinaux auraient toléré ça [Libération, 11/10/97] ?

Il est utile, à cet endroit, de réfuter les geignards jamais en peine d’une dramatisation pour accréditer qu’ils auraient déjà « fait leur part » et pris des risques hénaurmes en chuchotant un vague scepticisme relatif aux obligations vaccinales [10]. D’abord parce qu’il faut savoir prendre des risques quand on prétend résister aux autorités : on n’attend pas une décoration quand on décide de dire merde à qui les distribue. Ensuite, parce qu’à ma connaissance, personne n’est jamais mort d’aller traiter de cons les responsables de nos instances disciplinaires, surtout quand c’est justifié. Le précédent Joyeux atteste qu’on peut épandre des inepties à la sulfateuse sans encourir la moindre sanction significative [11]… D’expérience, il n’y a pas plus de risque vital à insulter l’Ordre des médecins qu’à dénigrer la Cour de cassation : certes, on ne s’y fait pas que des amis, on y gagne même des sévices parfois pénibles, mais [12] l’expertise n’est pas le lieu de l’amour universel, surtout quand on entend s’y tenir à un minimum de morale.

Conclusion : merci Patrons !

L’excellent docteurdu16, qui aurait dû héberger cette contribution si je l’avais rédigée à temps, ne manquera pas (c’est un échange que nous avons répétitivement) d’évoquer Illich dont je n’ai, personnellement, jamais rien tiré, que je trouve tristement superficiel et abominablement clérical (on ne se refait pas…). S’il faut placer le présent article sous le patronage inspirant des esprits profonds qui nous ont précédé [13] en nous laissant un enseignement dépourvu d’ambiguïtés, je citerais : Molière, évidemment (« le roman de la médecine »), Hippocrate (« d’abord ne pas nuire » mais aussi s’abstenir de tout effet de « séduction » chez ceux que les souffrances du corps placent en situation d’objective inégalité), A. Paré (« je le pansais, Dieu le guérit »), Th. McKeown (où sont les preuves de nos rodomontades concernant la prolongation de l’espérance de vie ?), enfin et très pertinemment pour le sujet qui nous occupe ici : Ch. Lasch.

Car plus que tout autre, Lasch a perçu le lien entre médicalisation et capitalisme et, tout particulièrement, l’insupportable prétention de « l’État thérapeutique » à déposséder la famille de sa fonction naturelle (oh !) de socialisation, grâce notamment à l’école, aux tribunaux pour enfants, à l’assistance sociale et, last but not least, à la protection maternelle et infantile ou à ses dérivés [14]. L’insupportable indifférence des confrères quant aux obligations vaccinales s’éclaire finalement de cette mission de déculturation qui leur a été dévolue depuis deux ou trois siècles : si ils/elles ont tant de peine à saisir le scandale des obligations, c’est tout simplement que tout ça est dans la droite ligne du sale boulot dont ils vivent sans états d’âme [15] et qui s’inscrit typiquement dans cet « ébranlement permanent » où Marx et Engels voyaient une caractéristique essentielle du capitalisme.

Et c’est pourquoi aux Saints Patrons invoqués dans cette conclusion au motif qu’ils pourraient aider les médecins à conscientiser leur rôle de gardes-chiourmes, il convient d’ajouter Thomas Szasz [16], impitoyable critique des professionnels de santé qui se satisfont, et s’enorgueillissent des miettes de pouvoir que leur consentent les autorités politiques ou judiciaires.

Cela me conduit à rappeler in fine que dans les références bibliographiques utiles aux professionnels de santé sommés de veiller aux obligations vaccinales, on ne saurait faire l’économie du livre un peu ancien (1576) de la Boétie, Discours sur la servitude volontaire, centré sur "la pyramide de l’esclavage"…

La bête immonde, en effet, a toujours su – et sait toujours – que si misérable que soit votre position sociale, il est toujours possible de se rattraper en exerçant sur plus misérable que soi les miettes de pouvoir que vous consentent les Puissants de l’époque.

PS du 21/12/18...

Un aimable confrère me transmet le courrier ci-joint (cf. PJ2), apparemment en provenance de la CPAM et qu’il affirme avoir reçu le 17 de ce mois de décembre.

Comme je l’écrivais dans le texte qui précède, je peine à apercevoir le moindre « ordre » dans cette laborieuse missive, sauf à penser que nonobstant leur statut de « libéraux » qui les dispense pour l’essentiel du moindre compte à rendre tout en vivant de la solidarité nationale sans aucune incertitude quant au recouvrement de leurs honoraires (pourtant le principal souci, partout ailleurs, de n’importe quel travailleur « indépendant » qui se respecte), les médecins auraient une désolante propension à obéir aveuglément même quand ils n’encourent aucune menace. Qui croirait ça, surtout compte tenu des principes de rigueur et d’intransigeance qui leur ont été inculqués dès leurs premiers pas à la Faculté ?

Pour le reste, et en spécialiste éprouvé de pharmacovigilance, on me permettra d’ironiser sur l’invocation « d’allergies » – le leitmotiv des blaireaux dès qu’il s’agit de réactions indésirables aux médicaments : même pour un produit aussi notoirement allergisant que la pénicilline, il existe des travaux fort précis montrant le hiatus énorme entre le nombre de personnes qui se prétendent « allergiques à la pénicilline » et ceux qui le sont vraiment. Il suffit de penser à la désinvolture méprisante des médecins dès que l’on évoque devant eux une potentielle intolérance à un vaccin qu’ils ont administré pour considérer comme hautement improbable qu’ils aient procédé chaque fois à l’enquête étiologique fort complexe qui eût permis d’affirmer ou d’infirmer l’hypothèse d’une « allergie ». De plus, je ne sache pas que, pour ne prendre que cet exemple parmi des milliers, des effets indésirables aussi indubitables que les adénocarcinomes au diéthylstilbestrol aient quoi que ce soit « d’allergique » ; la démonstration vaut, évidemment, pour les scléroses en plaques et autres pathologies démyélinisantes (je cite ça juste au hasard…).

Enfin, on me permettra de remarquer (je pense avoir été, peu ou prou, le premier pharmacovigilant français à faire intervenir de façon systématique la question du rapport bénéfice/risque) que tenir pour acquis et imprévisibledixit la CPAM – un risque aussi grave que celui d’une « anaphylaxie post-vaccinale » devrait imposer, chez n’importe quel prescripteur sérieux, une discussion sans concession du bénéfice potentiel justifiant une telle prise de risque (si possible en allant chercher ses références ailleurs que sur des sites de merde tels que Infovac ou Vaccinclic). C’est dire, jusqu’à preuve du contraire, que je peine à voir sur la base de quoi on pourrait sanctionner un médecin estimant, en son âme et conscience, que les conditions d’un rapport bénéfice/risque favorable ne sont pas réunies. Soit, en gros, ce que je tiens pour évident depuis déjà fort longtemps, et que je me suis appliqué à redire dans l’article qui précède.

[1] Il est utile de rappeler – entre autres précédents inconfortables – qu’en dépit d’une propagande parfaitement illusionniste de son Ordre, on ne saurait accréditer qu’entre 1940 et 1945, le corps médical français se serait, dans son ensemble, placé au-dessus de la médiocrité ambiante, alors même que les valeurs humaines censément cultivées par les médecins auraient dû les positionner naturellement aux avant-postes d’une résistance acharnée à un régime caractérisé, entre autres, par le meurtre en masse sous des prétextes « biologiques » ou « hygiéniques » atterrants, par l’élimination des malades, par des « expérimentations » dépourvues du moindre fondement scientifique ou éthique, etc. La sidérante difficulté des confrères à prendre la mesure de la situation créée par l’élargissement des obligations vaccinales éclaire rétrospectivement la veulerie de leurs aînés à l’endroit d’un système radicalement inhumain arborant la santé publique comme prétexte pour justifier l’usage criminel de la force.

[2] Je n’ignore pas qu’un propos comme le mien expose son auteur au reproche superbement condescendant d’avoir atteint « le point de Godwin », cette fameuse limite de la bienséance polémique à l’usage rassurant des cons-temporains qui s’imaginent avoir tout compris sans avoir jamais sérieusement réfléchi à rien. Il s’avère que le nazisme a effectivement expérimenté – testé –, non sans un succès certain (mais heureusement temporaire), un système de valeurs exactement antagonistes avec celles qui, tant bien que mal et au prix d’exceptions indubitablement consternantes, avaient gouverné les rapports humains jusqu’alors – démontrant de la sorte qu’une inversion des valeurs les plus intangibles (incluant notamment l’entraide [Kropotkine], la pitié et la compassion) est effectivement réalisable à grande échelle, et en un temps record : sur la base de ce précédent difficilement contestable et finalement assez récent, ce n’est pas s’adonner à une ridicule compulsion de répétition que de scruter sans concession les indices d’un possible retour à la sauvagerie, en sachant qu’il n’est pas besoin d’une guerre mondiale pour la laisser passer et que les petits ruisseaux de la dureté ou de l’indifférence font les grandes rivières de l’inhumanité cultivée à l’état de système. Hormis celles de Victor Klemperer, j’invite les sceptiques à lire mes contributions sur l’expertise ou sur la justice pour apercevoir à l’œuvre les effets de l’indifférence, de l’irresponsabilité, de l’insensibilité et de la cruauté confortée par une situation de pouvoir – sachant qu’en pareille matière je suis loin d’avoir narré toutes les horreurs ce que j’ai vues. Le problème central du nazisme ou de ses succédanés, me semble-t-il, n’est pas par quelle catastrophe planétaire ça va finir, mais plutôt à partir de quand ça commence : je n’ai pas peur de soutenir que, dans sa férocité de moins en moins contrôlée, la délinquance médico-pharmaceutique nous y replonge, et la pertinence difficilement contestable de mes précédentes anticipations me conforte dans mon pessimisme.

[3] Un internaute me communique un échange sur Twitter avec l’auteur de ce propos désopilant, qui ne trouve rien de mieux pour esquiver la critique de soutenir de nouveau que "globalement j’ai peu de temps à perdre". Écrire moins profusément sur la Toile ou sur les réseaux sociaux serait un autre moyen pour économiser sur un temps aussi précieux et se concentrer sur l’essentiel...

[4] Et qui condescendent à désencroûter le blaireau de base malgré leur « charge de travail »…

[5] Dans le climat de déculturation scientiste qui prévaut sous prétexte d’expertise, cela devrait faire partie d’une authentique compétence scientifique que de démêler avec précision les méthodes du pouvoir pour stériliser tout débat démocratique sous le prétexte de promouvoir « la discussion ». C’était déjà flagrant avec Hurel, puis Fisher ; mais qui ne voit, à l’heure où j’écris, que pris au dépourvu par le mouvement des « gilets jaunes », nos dirigeants ne cessent de clamer que toutes leurs portes (incluant celles de leurs chiottes) restent ouvertes pour « discuter », tout en ne pouvant s’empêcher de radoter qu’il est de toute façon hors de question de « revenir en arrière » ?

[6] Au lieu de traîner les pieds en maugréant vaguement comme des adolescents forcés d’aller souhaiter la Bonne Année à la grand-mère, les médecins dignes de ce nom devraient refuser abruptement de crédibiliser le sale prétexte de la santé publique sur la base d’un constat pourtant dramatiquement simple : évidemment incapables de justifier leurs diktats par la preuve de leur efficacité, à la question centrale (Est-ce qu’il y a plus de gens en bonne santé une fois qu’on les a vaccinés ?), les autorités substituent une question ridiculement tautologique (Est-ce qu’il y a plus de gens vaccinés quand on les a forcés à se vacciner ?). Il est difficile de faire la part de l’incompétence, de l’obtusion et la perversité dans cet inconcevable glissement ; mais il est au moins possible d’y repérer une nouvelle preuve de la formidable incompétence juridique qui prévaut dans l’administration sanitaire, puisqu’en droit, il est entendu depuis des siècles que « nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude » : au ministère de la santé, on s’approprie comme mérite d’avoir forcé les gens, et on célèbre comme succès qu’ils aient plié devant la contrainte. On a déjà connu l’équivalent à l’époque de la bête immonde…

[7] Quand vous vous faites tabasser dans la rue par une bande de loubards, vous ne faites pas dans l’esprit de finesse pour essayer de vous en sortir.

[8] Hormis peut-être celui de l’allocation de ressources.

[9] La lâcheté, en l’espèce, consistant à rendre public ce qui n’a pas besoin de l’être, en vue de se prévaloir des potentielles représailles pour se dispenser de faire ce qui se satisfait très bien du secret. On trouve le même type de problème avec tous les connards qui, ravis de se poser médiatiquement en maître de la vie et de la mort, se vantent de pratiquer l’euthanasie, alors qu’il est tellement facile de la pratiquer discrètement – quand le patient est consentant, évidemment…

[10] Dernier geignement en date, extrait d’un forum assez critique sur les nouvelles obligations :

« Je ne sais pas si c’est pareil partout, mais dans notre ville, les médecins ont même ordre de ne plus faire de certificat de contre-indications à la vaccination (circulaire interne). »


Une fois encore, je peine à reconnaître sur la base de quelle loi ou de quelle réglementation quiconque pourrait interdire à un médecin de rédiger un certificat de contre-indication et, une fois encore, j’offre – gracieusement – les services de ma rhétorique à quelque confrère que ce soit qui se verrait menacé sous un prétexte aussi nul (j’ai déjà fait, d’ailleurs : cf. PJ1…). L’auteur du post qui précède s’autorisant ensuite d’un commentaire sur l’arbitraire nazi, je me permets de lui rappeler que même dans les sections d’assaut les plus sanguinaires, on peine à trouver le moindre exemple d’un Allemand sanctionné pour avoir refusé d’exécuter des ordres qui lui paraissaient inacceptables (exterminer des enfants, par exemple). La critique des obligations vaccinales ne conforte pas sa crédibilité en colportant des âneries aussi aisément réfutables. En 2008, dans les Yvelines, il s’est trouvé des médecins prétendument contestataires pour refuser d’afficher dans leur cabinet l’annonce d’une de mes conférences sur l’escroquerie H1N1, au motif des risques inconcevables qu’ils eussent encourus de ce fait : au même moment, la municipalité de Versailles (pas vraiment crypto-anarchiste) me dispensait des frais de location pour la salle qu’elle me prêtait à l’occasion de cette conférence… C’est une minable tromperie de propager qu’on affronte des risques qui n’existent pas pour dissimuler qu’on n’ose pas assumer ceux qui existent vraiment (par exemple, refuser d’appliquer des obligations qui défient le droit et la morale). Quand on prétend exercer l’éminente responsabilité de soigner les gens, au frais de la solidarité nationale en sus, il faut quand même avoir un minimum de maturité et d’autonomie : cette sidérante veulerie de confrères qui se présentent pourtant en contestataires du système éclaire la non moins sidérante ferveur avec laquelle Buzyn, Macron et leurs complices travaillent à la prospérité de Big Pharma...

[11] Ça rime à quoi une « suspension », d’ailleurs temporaire, quand on est à l’âge de la retraite depuis au moins dix ans et qu’on gagne plein d’argent en flattant le blaireau au prix de n’importe quelle propagande charlatanesque ?

[12] N’en déplaise à (certains de) nos confrères sexologues…

[13] Au lieu d’enjoindre aux blaireaux de s’en remettre tout naturellement à notre supériorité-qui-va-de-soi.

[14] La « crise de compétence » qui, selon Lasch, empêche une véritable émancipation de l’individu, devient particulièrement flagrante quand on s’intéresse à l’action objective des instances de contrôle social (telles que la PMI), acharnées à ridiculiser la compréhension naturelle que les parents se font de leur rôle et à accréditer, sans même avoir besoin de définir ce terme, que « la santé » passerait forcément par les médecins et autres professionnels médicaux. Considérons l’expérience élémentaire des jeunes parents confrontés aux pleurs de leur bébé : ils vont d’abord s’interroger sur l’éventualité d’une gêne facilement éliminable (une couche à changer, un rot qui n’est pas passé, un petit reliquat de fringale…). Petit à petit, ils vont se demander s’il n’a pas mal au ventre, ils vont apprendre à reconnaître – à l’oreille – si la persistance de ses pleurs signe la colère du bébé, son énervement ou, au contraire, « le chant du départ » annonçant que nonobstant ses cris parfois déprimants, le sommeil va bientôt venir. De la sorte, ils vont apprendre à écouter, à entendre, à chercher à comprendre, bref : à sortir d’eux-mêmes pour venir à la rencontre de ce petit Autre. Ils vont, parfois, connaître le chagrin de constater que malgré tous leurs efforts, le Bébé continue de se plaindre (lors d’une poussée dentaire, par exemple). À la fin, ils vont peut-être se confronter à l’humiliation – ils la rencontreront souvent à mesure que l’enfant grandira… – de ne pas être confortés dans la toute-puissance consistant à trouver immanquablement le moyen de consoler Bébé. Or, il suffit du moindre « professionnel » de santé pour substituer, à ce prodigieux chatoiement d’expériences humaines tellement fondamentales (et formatrices), l’objet magique d’une ou de plusieurs prescriptions généralement incongrues voire dangereuses, et ancrer les parents dans l’illusion fallacieuse d’avoir été « bons », alors qu’ils se sont simplement laissé castrer de leur compétence naturelle. Il va de soi que toute cette acculturation parentale n’est en rien atténuée par le recours à des spécialistes de médecines « alternatives », puisque l’enjeu est justement de cultiver des compétences qui sont antérieures à quelque pseudo-expertise (académique ou alternative) que ce soit.

[15] Mon propos sur la dangereuse ambivalence de la PMI s’étendrait sans difficulté à d’autres spécialités, comme la médecine du travail, par exemple – et de façon d’autant plus actuelle que les présentes lignes sont écrites juste après l’annulation, par la Cour de cassation (11/12/2018), des mises en examen dans l’affaire de l’amiante. Dans cette affaire comme dans bien d’autres (par exemple, l’exploitation des mines d’uranium en Afrique : Pessis C, Topçu S, et coll. Une autre histoire des "Trente Glorieuses", La Découverte/ Poche, 2015), c’est peu dire que les médecins du travail, dans leur majorité, ont été les larbins du système responsable des problèmes de santé qu’ils auraient dû prévenir (tandis que les enquêtes du regretté H. Pézerat attestent que les mêmes – ou leurs frères – continuent de sévir sans pitié quand ils se voient mandés, cette fois, d’expertiser les victimes de leur cynisme ou de leur incompétence). Une de mes correspondantes, travaillant comme fonctionnaire territoriale, s’est trouvée cuisinée sur son suivi gynécologique lors de sa visite d’embauche, avant de s’apercevoir que « le médecin du travail » auquel le système accorde un tel pouvoir d’investigation était en fait… un infirmier. J’ai le plus grand respect pour le personnel infirmier, mais si le job peut-être aussi facilement exécuté par n’importe quel infirmier, qu’a-t-il à proprement parler de médical ? Et si ce type de visite – évidemment obligatoire – n’a rien de médical, au nom de quoi se voit-il légitimé sous le titre « médecine de » ? Ce sera un grand jour quand les féministes, qui ont hissé le travail salarié des femmes au rang de leurs plus éminentes conquêtes, accepteront de se demander par quel perversion les patrons peuvent exploiter cette « conquête » les femmes pour les soumettre (et elles seulement) à des investigations aussi intrusives (évidemment dépourvues du moindre bénéfice sanitaire : elles ne seraient pas confiées des sous-fifres sinon), menées objectivement de force (elles conditionnent l’embauche) et au mépris des exigences élémentaires de consentement. Un grand jour, également, quand, dans leur connivence historique difficile à ignorer, les instances du féminisme et celles du patronat fourniront une étude épidémiologique convaincante attestant les bénéfices d’une telle brutalité intrusive en termes de santé publique (je ne parle pas de l’autonomie…).

[16] Dont – anticipons sur la critique de ceux qui ont hérité de la prérogative normalement divine de séparer « les boucs et les brebis » – je n’ignore pas les liens, parfaitement assumés, avec l’Église de scientologie.


Documents joints

Courrier CPAM aux généralistes

21 décembre 2018
Document : PDF
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L’art de ridiculiser l’Ordre des médecins

19 décembre 2018
Document : PDF
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