Site Web du Dr Marc GIRARD

Le site et sa raison d’être

dimanche 15 mars 2015 par Marc Girard

La première mouture de cette présentation remonte au 07/06/2009. J’ai cru utile de l’actualiser.

Bref historique

L’idée de ce site s’est imposée à la fin de l’été 2004, peu après la publication de l’étude de Hernan et coll. [1], qui confirmait [2] une effrayante augmentation du risque de sclérose en plaques après vaccination contre l’hépatite B.

Pour un professionnel du médicament n’ayant aucun intérêt personnel à se brouiller avec ses partenaires naturels - les fabricants, les administrations sanitaires -, il était difficile de comprendre comment des données d’interprétation aussi univoque pouvaient se trouver à ce point ignorées, déformées, falsifiées pour aboutir à un "consensus international" sur la parfaite innocuité neurologique dudit vaccin. Difficile, également, de se résigner à l’indigence des argumentations censément contradictoires : à force de critiquer tous azimuts les vaccins et la médecine académique sur la base de slogans bien davantage que d’une réflexion rigoureuse, contraints eux aussi par les conflits d’intérêt de leur propre commerce "homéopathique" ou "alternative", les antivaccinalistes et autres défenseurs de "médecines douces" se trouvaient réduits à l’impuissance pour identifier avec précision les vices proprement exceptionnels de ce vaccin-là et, plus encore, les inconvénients de la "prévention" comme justification rampante d’une médicalisation tentaculaire dont ils sont les promoteurs parmi bien d’autres.

Ayant donc lancé ce site en septembre 2004 [3], je compris rapidement qu’il faudrait plus d’une étude, si excellente fût-elle, pour venir à bout d’une corruption endémique (incluant la majorité des professionnels de santé), surtout dans le contexte d’un scandale d’État. Dès le mois de décembre de cette même année, je cessai toute contribution [4].

C’est contraint et forcé par une actualité effrayante que je devais réactiver ce site quatre ans et demi après, au printemps 2009, quand la menace apparut d’une vaccination obligatoire contre le H1N1. Depuis lors et bon gré mal gré, je me suis contraint à un minimum de régularité dans mes contributions.

D’un point de vue pratique et juste pour faire joli, je me suis efforcé de combler ce vide de quatre ans et demi en insérant, a posteriori, diverses contributions, publiées ou non, écrites durant cet intervalle : à la façon des Choses vues [5], la chronologie de mise en ligne durant cet intervalle de temps est vaguement imaginaire - ce qui n’est pas un problème pour des réflexions de fond qui n’étaient pas conditionnées à une actualité.

Enfin et pour sécuriser l’accès à ce site, l’hébergeur en a été changé à partir de juin 2014 : c’est dire, pour ceux que ça intéresse, que, ramenées à zéro à ce moment-là, les données de fréquentation qui s’affichent automatiquement n’ont strictement aucune pertinence.

La ou les raisons d’être

Ce site n’est pas un blog, car je n’ai pas vocation à rejoindre la cohorte des frustrés qui, par la grâce du Web et sans jamais sérieusement justifier au nom de quoi, tranchent de tout en stigmatisant sans complexe (le plus souvent dans une syntaxe assez impitoyable elle aussi) ceux qui ont, a priori, bien plus titre qu’eux à prendre la parole. Par contraste, les sujets ici abordés (en dépit de leur variété relativement inhabituelle) relèvent tous d’une compétence personnelle validée par une formation "orthodoxe" et justifiée par des années, voire des décennies, de recherches documentables : des titres et travaux, comme on dit vulgairement - facilement traçables...

Ce site n’est pas non plus un forum, pour à peu près les mêmes raisons [6] auxquelles s’ajoute celle, bien compréhensible, que je n’aurais simplement pas le temps d’échanger personnellement avec tous ceux qui sont naturellement intéressés par les questions ici évoquées - la maladie et la mort, en particulier. Si j’estime devoir mettre à la disposition du public un certain nombre d’informations, puis de réflexions qui relèvent de ma compétence, cet engagement personnel ne va pas jusqu’à l’obligation de discutailler avec tout un chacun [7].

La justification de ce site passe aussi par le constat d’une défaillance éditoriale généralisée : éditeurs terrorisés à l’idée des "procès" que leur attirera immanquablement la moindre ligne tant soit peu atypique, journalistes trop souvent dépourvus de méthodes qui leur permettraient de gérer la controverse, revues scientifiques plombées dans leurs conflits d’intérêt et la corruption de leurs relecteurs (en incluant l’incompétence dans la notion de corruption). Largement valable à l’échelle mondiale, ce constat s’impose encore plus en France - pays dont la presse médicale, en particulier, est arrivée au degré zéro de la reconnaissance internationale : même parmi les professionnels de santé, qui, dans notre pays, avait simplement entendu parler de la polémique qui fait rage partout ailleurs quant au bénéfice introuvable et aux inconvénients effrayants des mammographies systématiques [8] [9] ?

Il s’agit donc ici, et simplement, d’offrir aux citoyens des données et des réflexions dont la mise en circulation s’avère de plus en plus difficile : si, dans une logique bassement universitaire, je n’ai pas à rougir de mes travaux actuellement publiés, il m’est difficile d’apercevoir, quand je considère le volume au moins égal de mes écrits refusés, en quoi les seconds le cèdent aux premiers quand à la rigueur, l’originalité ou, disons-le en un mot, la qualité.

Il s’agit, également, de proposer un exemple de méthode : ne pas parler de ce qu’on ne connaît pas, proscrire l’émotionnel cultivé comme tel ou l’intimidation ("les experts sont unanimes..."), ne pas affirmer sans citer clairement ses sources (pour offrir au lecteur la possibilité de vérifier), hiérarchiser ces sources sur des critères explicites de crédibilité, distinguer le fait de son interprétation...

J’ai une conscience aiguë des risques qu’Internet fait courir à la culture ; mais également une conscience tragique quant à la menace mortelle que fait désormais peser sur les sciences un système de publication directement ou indirectement contrôlé par les financiers. A tout prendre, c’est mon idée qu’il est plus facile de contrecarrer les bouffons de la Toile que de rénover un système d’édition scientifique gangrené jusqu’à la moelle par la corruption et le laisser-aller.

Toute personne ayant écrit un livre sait que la difficulté n’est pas d’éditer son oeuvre (éventuellement à compte d’auteur), mais de la distribuer et de la faire connaître : un bouquin qui dort dans un entrepôt n’a aucun intérêt... Ce site ne peut donc trouver seul sa raison d’être : il faut que chaque visiteur intéressé s’implique dans sa diffusion. L’actualité (juin 2009) bruit encore d’un grand précédent quant à la puissance de la toile : il serait sans doute arrogant de s’y référer, sauf pour rappeler que démonstration est faite désormais que, grâce à internet - et, plus encore, aux citoyens internautes - la diffusion des informations et des idées peut encore résister aux forces de l’argent.

A vous de jouer, par conséquent...

[1] Hernan M et coll. Recombinant hepatitis B vaccine and the risk of multiple sclerosis. A prospective study. Neurology 2004 ; 63:838-42

[2] Loin de surgir comme une révélation (plus de dix ans après les premières alertes ayant conduit l’un des fabricants à demander la mention d’un risque neurologique dans la notice de sa spécialité), cette étude ne faisait, en effet, que confirmer quantités d’indices clairs, précis, concordants, qui eussent dû faire l’unanimité de tous les spécialistes compétents et intellectuellement honnêtes.

[3] Grâce à l’aide précieuse d’amis informaticiens que je ne saurais trop remercier

[4] Je ne saurais trop recommander une telle expérience de sevrage aux bouffons qui ont l’air de croire sérieusement que quelque chose de fondamental manquerait si la Toile était débarrassée de leurs déjections.

[5] On prend les modèles qu’on veut...

[6] Il y aurait un beau travail de sociologie informatique à faire en corrélant la fréquentation de certains sites au narcissisme de ceux qui, véritables coucous de la Toile, parasitent les forums où ils peuvent laisser libre cours à leur logorrhée ou à leur paranoïa...

[7] Je me suis toujours fait un devoir de répondre à tous ceux qui me contactent directement, mais sans engagement de durée dans l’échange - sachant de plus que les forums donnent le prétexte à des correspondants manifestement désoeuvrés pour s’écharper entre eux de façon "transversale", sans le moindre souci ni de l’auteur, ni de la contribution qui a déclenché l’ouverture du forum. Ceux de mes articles qui ont été repris par un site public comme Agoravox ou Carevox illustrent le fait de façon assez désopilante.

[8] Gotzsche et coll. Breast screening : the facts - or maybe not. BMJ 2009 ; 338 : 446-8.

[9] Ce propos remonte au printemps 2009 et, depuis lors, j’espère avoir contribué à la conscientisation des gens au sujet de cette escroquerie.


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