A l’incitation d’une lectrice, je suis intervenu récemment sur le site de Michel de Lorgeril, dans un forum consacré à la transparence des essais cliniques.
Le responsable du site ayant eu l’amabilité de qualifier cette intervention de "magnifique" tout en souhaitant qu’elle reste "dans les Annales", je me permets d’y renvoyer mes lecteurs ici, et d’en donner ci-dessous la transcription.
Voici quelques semaines, de fidèles lecteurs m’avaient demandé de commenter le retrait du tétrazépam (Myolastan) décidé par l’ANSM. J’avais alors décliné en alléguant le manque de temps, mais l’accumulation de nouvelles décisions aussi difficilement justifiables me conduit reconsidérer ma position initiale d’abstention : comme dirait François Hollande, il faut savoir rester "mobilisable" devant l’actualité - même (et surtout) pendant les vacances... En l’espèce, il s’agit d’illustrer une fois encore par l’exemple l’incompétence de la pharmacovigilance, l’inconcevable légèreté des autorités sanitaires, enfin la formidable perversité des politiques qui ont voulu accréditer que la pseudo-affaire Médiator allait bouleverser les pratiques du monde pharmaceutique.
Comme il fait chaud, je vais essayer d’être bref.
Début août 2013, alors que l’Ordre des pharmaciens portait déjà plainte contre onze site non autorisés de pharmacie en ligne, une consoeur m’a transmis pour avis les questions qui venaient de lui être posées par un journaliste.
Tout en déplorant, une fois de plus, la propension des médias français à se tourner vers des médecins pour des questions qui relèvent de la pharmacie (alors que les deux professions sont séparées depuis des siècles et qu’elles n’ont aujourd’hui pas grand chose de commun), j’espère utile de rendre publiques les réponses qu’a suscitées cette interview par procuration.
La presse de ces jours se fait l’écho d’une première expertise pénale dans l’affaire Médiator. "Vingt mois de travail, sept cent pages" : que du bonheur...
Et rien, pour l’instant, qui soit de nature à modifier mon analyse : cette affaire exagérément médiatisée est un attrape-nigaud.
Confirmation par l’exemple...
Le site Atlantico m’a demandé un article sur les résistances aux antibiotiques.
Motivée par un sondage faisant état des réticences croissantes des Français à l’encontre des génériques [2] (AFP, 10/12/12), un bref débat organisé dans le cadre de l’émission C à vous (10/12/12) auquel j’ai participé me conduit à refaire un bref point sur la question - sachant que n’en déplaise aux organisateurs de l’émission, les preuves pleuvent relativement aux graves problèmes de santé publique posés par ce type de médicaments.
Sans entrer dans le détail et sans esprit d’exhaustivité, on se contentera de réfuter - références à l’appui - les principaux mensonges qu’on a pu entendre aujourd’hui sur le sujet.
Un post-scriptum a été ajouté à cet article en date du 15/12/12.
Nous nous sommes retrouvés lundi matin 14/05/12 sur France Info, pour une émission consacrée à l’ouverture, le même jour, du premier procès pénal dans l’affaire Médiator (TGI de Nanterre). Le direct a eu lieu entre 10h15 et 10h30, et il était mené par Laurence Jousserandot.
Dans l’entre temps, j’avais renvoyé les internautes intéressés à tous mes articles sur le sujet, notamment celui rectifiant l’historique falsifié par les pseudo découvreurs du scandale, ainsi que ma petite fiction ironique et récapitulatrice : en l’espèce, la réalité aura néanmoins tellement dépassé la fiction...
L’émission terminée n’a, curieusement, toujours pas été mise en ligne sur le site de la station [4]. Je reprends donc dans les lignes qui suivent l’essentiel de ce que j’ai dit hier (et, en date du 21/05/12, j’ajoute une note inspirée par la décision de report prise par le TGI de Nanterre ce même jour).
La presse française s’est montrée digne de sa réputation en restant majoritairement [7] muette relativement à la parution, fin mars, de deux importantes études finlandaises [8] confirmant une élévation considérable (de 13 à 17) du risque de narcolepsie chez l’enfant après vaccination contre la grippe porcine : en tapant "narcolepsie", on n’obtient strictement aucune réponse dans les pages françaises de Google Actualités (ce qui n’est évidemment pas le cas si on se reporte, par exemple, aux pages américaines).
Petit inventaire - certainement pas exhaustif - de tous ceux qui devraient avoir du mal à se regarder dans la glace ces jours prochains...
Parmi les "critères intrinsèques de crédibilité" qu’on s’est appliqué à développer sur le présent site pour asseoir le droit inaliénable des citoyens au contrôle de l’expertise, la cohérence s’impose d’autant plus qu’elle concerne des analyses qui n’ont jamais visé à plaire (et qui se sont au contraire d’emblée distinguées par leur indifférence aux modes).
Je ne compte plus les mises en garde parfaitement bien intentionnées de correspondants parmi les plus fidèles me remontrant à quel point ma "crédibilité" se trouvait menacée par mon scepticisme (si précisément documenté fût-il) quant à une "révolution" Médiator unanimement célébrée par la presse et par l’opinion publique. Il s’avère cependant que ma crédibilité va bien, quand il se confirme que les chevaliers blancs de la moralisation pharmaceutique auraient, eux, de plus en plus de soucis à se faire tant il est vrai que la Vérité est un canasson obstiné : entre les conflits d’intérêts malencontreusement, mais opiniatrement occultés (et sur lesquels nous reviendrons), les voeux pieux d’une débilité à pleurer, et les recommandations assez scandaleuses pour que l’on s’interroge sérieusement sur le double jeu de leurs auteurs (nous y reviendrons également), les masques tombent - et ça fait un drôle de bruit...
Exprimé - et documenté - lui aussi d’emblée au grand dam de B. Debré, mon scepticisme sur la "réforme" du médicament a déjà largement trouvé confirmation - ici ou là, et ailleurs encore...
L’actuelle affaire finastéride - ce médicament destiné à la repousse des cheveux accusé d’occasionner des impuissances - fournit une nouvelle illustration de toute cette mascarade.
Promis pour la rentrée à de nombreux correspondants qui le sollicitaient, cet article est mis en ligne ce 1er septembre 2009 bien qu’il soit encore susceptible d’évoluer dans la suite. Il répond en effet à une situation d’urgence en prétendant fournir aux citoyens un contre-argumentaire professionnel pour leur permettre de résister aux menaces que font peser sur eux ou sur leurs proches l’alarmisme démentiel des autorités.
Comme les autres de ce site, mais plus encore compte tenu du contexte, cet article n’atteindra son objectif que si chaque lecteur intéressé s’implique à son tour dans la diffusion - tout en prêchant la patience si, sur un sujet d’une telle acuité, la tenue en charge explose sous le nombre d’accès : on y travaille actuellement, avec le même sérieux que pour le reste...
Cet article étant régulièrement mis à jour (en fonction de l’actualité ainsi que des informations transmises par mes correspondants du monde entier), le même lecteur intéressé pourra, le cas échéant, y revenir de temps en temps.
PS du 25/03/12 - Cet article (notamment mon interprétation des revues Cochrane) suscitant de temps en temps quelques objections des internautes qui savent tout sans avoir jamais rien fait de documentable, je rappelle que j’ai dûment répondu - et depuis longtemps - à mes pauvres censeurs. Je rappelle aussi qu’à l’époque où cet article a été écrit (été 2009), la vaccination contre la grippe saisonnière était considérée comme un grand succès de la politique vaccinale française - et que le scepticisme pourtant radical de la fondation Cochrane n’avait, à ma connaissance, encore fait l’objet d’aucune médiatisation : depuis lors et sur la base de la bibliographie disponible, je n’ai vraiment pas l’impression que les auteurs de cette méta-analyse sur le vaccin grippal aient modéré leurs critiques - au contraire... Je n’ai donc pas non plus l’impression d’avoir manqué de "rigueur" scientifique ou morale en introduisant ces critiques dans le débat public...
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